Oui, le niveau communal doit agir en cas de canicule.
Monsieur le Bourgmestre,
La Belgique connaît déjà sa deuxième vague de chaleur de l'année alors que l’été ne fait que commencer.
Avant 1990, les épisodes de canicule étaient exceptionnels. Aujourd'hui, ils deviennent récurrents. Les scientifiques nous rappellent que les étés que nous connaissons aujourd'hui compteront probablement parmi les plus frais du reste de notre vie.
Pourtant, à Ixelles, nous avons l'impression que plus le thermomètre grimpe, plus les ambitions climatiques de la majorité s'évaporent.
Il y a quelques jours encore, des parents nous interpellaient sur les conditions dans lesquelles les enfants terminaient leur année scolaire. Des habitants nous parlaient de logements surchauffés. Des personnes âgées évitaient de sortir aux heures les plus chaudes. Dans certains quartiers très denses d'Ixelles, où plus de 80 % des ménages ne disposent pas d'un jardin privé, la chaleur s'accumule entre les façades et le béton jusque tard dans la nuit.
Or, alors que ces épisodes deviennent une reality durable, nous ne voyons aucune stratégie communale spécifique pour y faire face.
En votre qualité de Bourgmestre, vous êtes responsable de la sécurité des ixellois. On ne parle pas d’avis politique, on parle de santé publique et d’urgence. Les communes peuvent et doivent prendre leur part pour protéger leurs administrés des conséquences du dérèglement climatique. Il ne suffit pas de regarder vers les niveaux de pouvoirs supérieurs et attendre des solutions miracles.
Pourtant, depuis le début de la législature, le Plan Climat communal semble avoir disparu de l'agenda politique.
Plus de communication. Plus d'évaluation. Plus de présentation au Conseil communal. Plus de nouvelles des 215 actions qui avaient été identifiées pour préparer Ixelles aux conséquences du dérèglement climatique. Nous déplorons évidemment la mise au frigo de cet ambitieux Plan Climat, qui posait les bases d’une approche transversale des actions communales pour préparer l’administration et nos quartiers au dérèglement climatique.
Mais en attendant, les chiffres du mercure sont indiscutables : notre commune suffoque et le niveau communal doit faire sa part pour la rafraîchir. C’est pourquoi nous estimons qu'Ixelles doit se doter sans attendre d'un véritable Plan Fraîcheur communal, activable lors des épisodes de chaleur, qui va plus loin que le plan Canicule, adapté en marge du plan Grand froid il y a quelques années.
Un plan qui dépasse les simples conseils consistant à boire de l'eau, garder ses enfants à la maison ou fermer ses volets.
Un plan qui protège concrètement les habitants.
Je souhaiterais dès lors connaître les intentions du Collège sur les mesures suivantes :
- La mise en place d'un réseau de lieux de fraîcheur clairement identifiés et accessibles au public : bibliothèques, bâtiments communaux, centres culturels mais aussi églises ouvertes durant les pics de chaleur ;
- L'organisation d'une communication communale centralisée permettant aux habitants de localiser facilement ces espaces, en marge du call-center ;
- L'ouverture élargie de la piscine communale et l'étude d'une tarification réduite lors des épisodes caniculaires pour les publics fragilisés ;
- La mise en place d'un dispositif spécifique dans les maisons de repos, résidences-services et structures du CPAS ;
- L'activation d'un réseau de solidarité vers les personnes âgées ou isolées vivant seules ;
- L'adaptation des écoles communales, crèches et plaines de vacances : ombrage, accès à l'eau, activités adaptées : excursions en forêt, matinées à la piscine, jeux d’eau ;
- L'installation de points d'eau temporaires, de zones ombragées via des tonnelles ou de dispositifs de rafraîchissement sur les places les plus exposées au soleil et sur lesquelles il n’est pas possible de planter davantage ;
- L'accélération des projets de végétalisation dans les quartiers les plus touchés par les îlots de chaleur.
Ces épisodes climatiques extrêmes réclament un vrai volontarisme de la part des pouvoirs publics. C’est une question de sécurité et de santé publique.
Merci pour votre attention,
Pour le groupe Ecolo-Groen,
Aline Lacroix,
cheffe de groupe.